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Revenante 10/12/2017

Devinez qui c'est la paumée qui avait oublié qu'il y avait des mots à mettre et qui a dû les rajouter alors qu'elle avait presque terminé son OS ? (Heureusement que les trois quarts y étaient déjà ou qu'il était facile de remplacer un autre mot par ceux-là...)
 
Thème : Horreur, psychologie
Attention, âmes sensibles s'abstenir. Si, en lisant mes autres one-shots d'horreur, vous avez trouvé cela vraiment complètement répugnant, ne lisez surtout pas celui-là. Il est encore pire. Je pense que mon style d'écriture s'est amélioré... Notamment pour décrire l'horreur. Donc, oui, c'est encore plus immonde que d'habitude. Il fallait bien cela, sinon vous ne comprendriez pas la décision finale de Kyoya. Sur ce, je vous laisse découvrir cet OS... Si vous en avez le courage. Bonne lecture quand même...
 
 
 
Comme d'habitude, Kyoya aimait Mayu.
Comme d'habitude, Mayu aimait Kyoya.
Et comme d'habitude, ils étaient en couple, et ils étaient, à leur propre étrange manière, heureux.
Et, comme d'habitude, ils auraient pu le rester, si Ludvina n'avait pas été dévorée par une passion ardente à l'égard de Kyoya, et si elle n'avait pas voulu, malgré la culpabilité que cela lui faisait ressentir, le voler à sa s½ur adoptive, à cette fausse s½ur qui lui devait tout et qui lui prenait encore bien plus.
Mais l'histoire se répète, et, un sombre jour de novembre, Ludvina vint visiter Kyoya, alors que Mayu était partie faire les courses. Elle avait probablement guetté le moment où cette dernière sortirait de leur appartement étriqué, à vrai dire. Sinon, elle n'aurait pas sonné à la porte deux minutes seulement après le départ de sa s½ur.
Kyoya s'était dépêché, en pensant que c'était Mayu qui avait oublié quelque chose, certainement ses clefs. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Ludvina sur son palier. Il lui demanda si elle venait rendre visite à Mayu. Elle répondit fort simplement qu'en fait, elle devait lui parler à lui. Il l'invita à rentrer, et lui proposa, avec un peu de mauvaise humeur liée à son éternelle répugnance à être poli, de prendre un thé. Elle acquiesça, sachant déchiffrer les émotions qu'il cachait derrière son masque de solitaire bougon, qui semblait se renforcer de plus en plus depuis qu'il était en couple au lieu de s'effriter comme l'on se serait attendu à ce qu'il fasse. Il se rendit donc dans la cuisine. Ludvina le suivit, restant à un mètre de lui.
 
<<-Ce que j'ai à te dire... Est réellement important. Elle commença, semblant hésiter.>>
 
Il haussa un sourcil, l'air de demander ce qu'il en avait à faire. Elle sut que c'était une invitation à continuer.
 
<<-Kyoya, je t'aime. Je t'ai toujours aimé... Depuis nos sept ans... Depuis notre première rencontre, dont tu ne te souviens certainement même pas... Depuis cette après-midi où tu m'avais offert cette rose blanche, cette rose sans épines, et où tu m'avais dit que j'étais la plus belle du monde et que tu m'aimais... Kyoya, je sais que je ne devrais pas, je sais que Mayu t'aime, mais... Je sais aussi que tu m'aimes. Tu ne t'en rends peut-être pas tout à fait compte, tu es aveuglé par ses charmes, car elle en a, elle en a tellement... Mais tu m'aimes. Souviens-t-en...>>
 
Elle avait fait un pas vers lui. Ignorant complètement pourquoi il avait eu ce réflexe, il venait d'ouvrir le tiroir à couverts.
 
<<-Ludvina, as-tu perdu la tête ? Demanda-t-il, un sourire effrayé sur le visage.>>
 
Il aurait aimé qu'elle se moque de lui, mais il avait le sentiment que ce n'était pas le cas.
 
<<-Bien sûr que non... Je te raconte seulement la vérité. Tu dois t'en rendre compte, tu le dois... Il le faut.>>
 
Elle avait fait un nouveau pas vers lui. Sa main se rapprocha du tiroir ouvert.
 
<<-Tu m'inquiètes, Ludvina... Dis-moi que tu plaisantes, je t'en supplie...
-Je n'ai jamais été aussi sérieuse.>>
 
Un pas de plus. Elle n'était qu'à quelques centimètres de lui, maintenant.
 
<<-Kyoya, je->>
 
Elle s'était mise sur la pointe des pieds pour l'embrasser, mais s'était arrêtée net dans son mouvement et sa phrase. Ses yeux s'écarquillèrent, et elle baissa le regard vers son ventre. Kyoya le suivit, et découvrit avec horreur qu'il lui avait planté un couteau dans l'estomac. Il l'avait fait mécaniquement, sans même s'en rendre compte. Comme s'il avait répété cette scène des centaines de fois, et que le geste était devenu une évidence, un réflexe pour lui. Il fut pris d'une forte nausée, tandis que sa main qu'il ne contrôlait plus faisait une longue et profonde entaille dans le ventre de la frêle jeune femme en face de lui. Du sang s'écoula abondamment de sa blessure et de sa bouche, et elle le regarda avec ahurissement. Elle était incapable de parler. Il se dirigea vers le lavabo, et lava le couteau sans le vouloir. Pourtant, il devait aller la secourir, appeler les urgences, tenter de l'aider... Mais il ne le pouvait pas. Il ne maîtrisait plus rien. Il se contenter de regarder l'eau rougir, tandis que le couteau redevenait propre. Puis, sans rien dire, sans même que son visage n'affiche une quelconque expression, il se dirigea vers le fond de la cuisine, et le mit dans le lave-vaisselle. Puis, il retourna vers Ludvina. En la voyant effondrée sur le sol, en train de se vider de son sang, gémissant tandis que ses organes internes, que ses entrailles mêmes se répandaient par terre, il réagit enfin. Il courut jusqu'à sa salle de bain, et vomit. Il passa plusieurs moments devant les toilettes, à y reverser ce qui avait été le contenu de son estomac. Puis, lorsqu'il n'eut plus rien à rendre, il sentit le goût atroce de la bile sur sa langue, tandis qu'elle brûlait son ½sophage avant de terminer dans la cuvette souillée, en admettant qu'elle eut été propre auparavant. Sans la brûlure horrible, il n'était pas sûr qu'il se serait rincé la bouche, mais à cause de cette sensation affreuse, il le fit, avant de tirer la chasse d'eau pour faire disparaître la substance d'un beige immonde, à la fois liquide et solide. Enfin, il retourna voir Ludvina. Son agonie avait cessé, et elle était morte. Il était presque certain qu'il aurait vomi à nouveau, s'il lui était resté quelque chose à vomir. Il l'avait tuée. Il se mit à trembler de tous ses membres, et s'écroula sur le sol, avant de ramener ses genoux contre son torse et ses bras au-dessus de sa tête comme pour se protéger d'un ennemi invisible. Il l'avait tuée, il l'avait tuée, il l'avait tuée. Elle était morte à cause de lui, elle était morte par sa faute, elle était morte parce qu'il était vivant. Un million de pensées se mélangeaient dans sa tête, tandis qu'il était agité de spasmes de plus en plus violents. Les mots ne suffisaient plus, s'ils avaient jamais suffi. Ils n'avaient plus aucun sens, plus rien n'avait de sens, rien n'en avait jamais eu. Il resta ainsi jusqu'à ce que Mayu ne rentre de ses courses, et ne découvre la scène. Ses sacs tombèrent par terre, et elle s'évanouit. Le bruit qu'elle fit en s'écrasant sur le sol sembla réveiller Kyoya, et il se mit aussitôt à nettoyer le sang que Ludvina avait répandu sur le carrelage, sans s'occuper le moins du monde de sa petite amie. Elle se leva un quart d'heure plus tard, alors qu'il était en train de frotter les carreaux jaunes pour effacer les dernières traces. Elle hurla un grand coup, puis se mit à trembler, elle aussi.
 
<<-Tu as... Tu as tué ma s½ur... Elle murmura dans un souffle.
-Oui. Elle m'a dit qu'elle m'aimait. Et... Je ne sais pas pourquoi... J'ai eu l'impression qu'elle allait m'assassiner, et j'ai fait cela...>>
 
Des larmes coulèrent sur ses joues.
 
<<-Je suis un criminel, un meurtrier, un fou à lier ! Je ne mérite pas de vivre... Je ne sais même pas ce qui m'a pris, je l'ai fait sans même y penser... Comme si un démon s'était emparé de moi, non, comme si j'étais le démon...
-Tu t'inventes des excuses !>>
 
Elle pleurait, elle aussi.
 
<<-Tu dis cela, mais tout est de ta faute !!!
-Je ne te demande pas de m'excuser. Je ne veux pas que tu m'excuse. Ce que j'ai fait... Ce que j'ai fait est impardonnable... Je ne mérite pas... Je ne mérite pas de vivre...>>
 
À ces l'entente de ces mots, elle sembla encore plus en colère.
 
<<-Je peux savoir ce que tu racontes ?! Tu veux mettre fin à tes jours aussi, c'est cela ?!
-C'est pour le mieux...
-Non !!! Tu as pris une vie, je t'interdis d'en voler une deuxième !!! Tu vas vivre, tu m'entends !!! Tu vas vivre pour deux, pour elle et pour toi !!! Est-ce que c'est bien clair ?!! Et pour cela...>>
 
Elle eut un air sombre, et alla dans leur chambre. Elle en revint quelques secondes plus tard, avec un immense sac de toile.
 
<<-Tu vas devoir être plus heureux que quiconque. Par conséquent, tu ne peux pas te permettre d'être pris.>>
 
Avec une douleur qu'elle n'avait jamais eu autant de mal à cacher, elle mit le corps de sa s½ur adoptive, cette fausse s½ur à qui elle devait tout et à qui elle avait pris encore bien plus, dans le sac de toile. À la nuit tombée, ils se munirent de pelles, et l'enterrèrent dans la forêt voisine. Puis, ils rentrèrent dans leur appartement en silence, sans se parler. Mayu était sombre, et Kyoya tremblant et au bord de la crise de nerfs.
Trois jours passèrent sans un mot, dans une ambiance de mort on ne peut plus appropriée. Mayu paraissait ne plus jamais pouvoir sourire, quant à Kyoya... Il avait des cernes, et les cheveux en bataille. Il ne dormait plus, il passait ses nuits à remuer ses affaires, cherchant l'appartement de fond en comble en quête de quelque chose à trouver.
Et il trouva.
En ouvrant son tiroir à chaussettes, il aperçut, posée là en évidence, une boîte qu'il n'avait jamais vue. Il fronça les sourcils, et se demanda comment il avait pu ne pas la remarquer auparavant. Il s'en saisit. Elle paraissait faite d'or, et incrustée de diamants. Il l'ouvrit. Elle était tapissée de velours écarlate qui semblait une accusation envers lui, et, trônant sur son coussin de sang, se trouvait une rose sans épines, blanche et fanée.
 
<<-Tu t'en souviens, maintenant ?>>
 
Il sursauta, et se retourna. Ludvina le regardait avec un sourire presque narquois. Ses yeux n'auraient pu être plus exorbités.
 
<<-Tu... Tu es morte !
-Félicitations. Tu as trouvé ça tout seul ? Bien sûr que je suis morte, tu es bien placé pour le savoir, c'est de ta faute. Mais tu sais quoi ? J'ai décidé de revenir.
-Pourquoi ?
-N'est-ce pas évident ? Toi et Mayu m'avez bien cachée. On ne me trouvera pas facilement, et la Justice ne te punira donc pas. C'est pourquoi il faut que je m'en charge moi-même...
-Tu es... Un fantôme ?!
-Sans blague... Tu t'attendais à ce que je sois quoi ? Un ravioli ? Un monstre rose à pois jaunes ? Un tournevis ? Bien sûr que je suis un fantôme. Et, à partir de maintenant, je suis ton fantôme. Tout comme...>>
 
Elle s'approcha de lui, et murmura à son oreille d'une voix à la fois sensuelle et accusatrice.
 
<<-Tu es mon meurtrier...>>
 
Un ricanement échappa ses lèvres roses, tandis qu'il la regardait avec la terreur la plus extrême.
 
<<-Et nous avons quelque chose à finir, tous les deux.>>
 
Elle lui sourit doucement, et l'embrassa. C'était un baiser chaste, sans la langue, et pourtant cela lui fit plus d'effet que si n'importe quelle autre fille l'avait embrassé, même plus fiévreusement que cela. Peut-être parce que ce n'était plus vraiment une fille. Sans doute parce que c'était de sa faute. Un spasme plus qu'un frisson parcourut son échine.
 
<<-Ne me regarde pas avec cet air apeuré. Elle ordonna en levant les yeux au ciel. C'est toi le tueur, pas moi. Je ne suis que ta victime innocente...
-M'aurais-tu assassiné, si je n'avais pas fait cela ? Il demanda, incapable de penser à autre chose.>>
 
Les yeux rivés sur lui, elle parut surprise, et battit plusieurs fois des paupières.
 
<<-Moi ? Elle l'interrogea avec étonnement, avant de reprendre un ton malicieux. Que crois-tu, toi ?
-Je n'en sais rien, c'est bien pour cela que je te pose la question. La Ludvina que je connais est trop gentille pour être une tueuse, pourtant, tout mon corps me hurle que tu aurais causé ma mort sans la moindre hésitation, comme si, comme si... Comme si tu l'avais déjà fait.>>
 
Elle éclata de rire.
 
<<-Déjà fait ? Tu as perdu la raison, mon pauvre Kyoya. Si je t'avais déjà tué, comment pourrais-tu être encore en vie ?
-Je n'en ai aucune idée ! Maintenant réponds-moi !
-Te répondre ? Mais où est l'amusement dans cette perspective ? Je suis là pour te hanter, pour te faire regretter ton crime, pas pour t'aider... Te voir torturé par l'incertitude, la possibilité d'avoir, probablement, tué une innocente, c'est cela que je souhaite ! Et encore, ce ne serait qu'une bien maigre vengeance...>>
 
Ses traits se durcirent.
 
<<-Comparé à ce que tu m'as fais.>>
 
Elle marqua une pause, tandis qu'il frôlait la syncope.
 
<<-J'avais toute la vie devant moi, j'aurais pu être médecin, professeure, présidente, j'aurais pu aider des gens et sauver des vies... J'aurais pu réussir, ou j'aurais pu échouer, et apprendre de mes erreurs jusqu'à, finalement, atteindre la victoire. J'aurais pu être là pour toi lorsque Mayu te quittera : car n'imagine pas un seul instant que votre couple aurait duré. Maintenant, bien sûr, elle restera avec toi... Tu es le tueur de sa s½ur adoptive, après tout. Tu es donc la personne la plus proche de moi. C'est bien connu, le meurtre crée des liens indéfectibles... Elle ne s'éloignera donc jamais de tes côtés, pour se souvenir de ce que cela faisait d'être auprès des miens. Mais, si tu n'avais pas fait cette erreur... Elle s'en serait allée, un jour ou l'autre. Avec le temps, elle se serait lassée de toi, et elle aurait fini par te piétiner le c½ur sans remords. Et moi, bonne poire, je t'aurais ramassé à la petite cuillère, et je t'aurais, lentement et sûrement, réparé, redonné l'envie de vivre, fait goûter à nouveau à la joie et à la compagnie... Et tu te serais souvenu que tu m'aimais. Et je t'aurais aimé aussi, bien plus qu'elle ne sera jamais capable de le faire... Ne crois pas que je ne l'ai pas remarqué : tu souffres, avec elle. Tu te renfermes de plus en plus sur toi-même, tu es seul quand vous êtes ensemble... Avec moi, cela aurait été différent. Nous aurions été heureux, tous les deux. Jusqu'à la fin. Mais, maintenant, c'est trop tard. Ce couteau, en le plantant dans mon ventre, tu l'as planté dans notre avenir tendre et radieux. C'est toi que tu as tué, lorsque tu m'as infligé cette blessure mortelle. C'était un suicide que ce meurtre.>>
 
Il ne tint plus, et s'effondra sur le sol. Il regardait ses mains tremblantes, et les voyait couvertes de sang. Il se frotta les yeux, et il put sentir le liquide carmin mouiller ses paupières. Quelques gouttes en coulèrent, et sa vision devint écarlate. Toute la pièce n'était plus que nuances de rouge, le narguant et lui rappelant ce crime qu'il n'aurait jamais pu oublier. Il agrippa le tapis de toutes ses forces, et hurla. Il était à deux doigts de s'évanouir, ou bien de devenir fou. Rouge, incarnat, framboise, vermeil, garance, vermillon, feu, grenat, rubis, fraise, amarante... Pourtant, il n'y avait rien. Ni sang, ni rouge, ni fantôme. Il n'y avait jamais rien eu que dans son esprit. Mais l'illusion avait pris le pas sur le réel, et Kyoya ne pouvait plus les séparer. Était-ce une tentative de son inconscient de se défendre de son acte impardonnable, en le rendant moins réel et plus flou, ou au contraire de se punir là où la Justice n'aurait rien pu faire ? Quoi qu'il en fusse, cela avait sur lui le second effet, dans toute sa puissance. Il criait à en perdre la voix, sans se soucier un seul instant des voisins ni de Mayu. Tout le reste du monde avait disparu, et il était seul avec son crime. Le poids de la culpabilité venait de devenir son Enfer personnel, et il était plus torturé que quiconque par ses propres démons. Il était incapable de le supporter. Il se tordait de douleur, et rugissait de souffrance. Mayu ne mit qu'une seconde à arriver en courant, mais resta un long moment sans rien faire devant le spectacle, effrayée et ignorant totalement quoi faire. Devait-elle appeler le SAMU, un psychologue ou un exorciste ? À ce point, elle n'en était plus tout à fait sûre. De désespoir, elle se jeta à genoux devant lui, ferma les yeux et le prit dans ses bras, le berçant doucement pour tenter de le calmer comme elle l'aurait fait pour un nouveau-né. Il continua à hurler pendant quelques minutes, mais finit par se calmer, se contentant de sangloter dans son cou.
 
<<-Ça fait mal... Ça fait tellement mal... Et je le mérite, mais je crois bien... Je crois bien que cela va me rendre fou...
-Mais non, Kyoya, mais non... Tout va bien se passer... Murmura-t-elle en le serrant plus fort.>>
 
Même un sourd aurait remarqué à quel point elle ne croyait pas en son propre mensonge.
 
Les jours passèrent. Ludvina resta.
Elle parlait très souvent à Kyoya, lui reprochant son crime ou lui parlant de l'avenir radieux qu'il avait perdu. Elle en rajoutait à chaque fois : plus de détails, plus de bonheur, ou plus d'atrocité. De temps à autres, ses yeux devenaient rouges et injectés de sang. D'autres fois, c'étaient ses cheveux qui se tâchaient, ou encore son visage. Mais le plus souvent, c'était son ventre qui se perçait, et laissait visible tout ce qui était à l'intérieur. Lorsqu'il détournait les yeux, elle lui demandait "Quoi ? Tu n'aimes pas mon corps ? C'est pourtant encore mieux, encore plus intime que si j'étais nue... As-tu déjà vu cette partie-là de Mayu, ou d'une autre de tes petites amies ? Non, jamais. Je suis spéciale. Je suis prête à tout te montrer...". Cela lui donnait la nausée. Au début, il avait tenté de se boucher les oreilles pour ne pas l'entendre, mais rien à faire : il l'entendait toujours parler. Pire, sa voix résonnait à l'intérieur de sa tête, se moquant de son impuissance. Il n'en pouvait plus. Chaque fois qu'il ouvrait un placard ou le frigidaire, qu'il regardait par terre, qu'il entrait dans une pièce, il voyait des boyaux. Le pire avait encore été quand, en soulevant son drap, il avait découvert que son lit était couvert de tripes sanglantes et suppurantes. Mayu avait tenté de l'en persuader, et il savait qu'il n'avait rien, mais il n'avait pas eu le courage de les ignorer. Il avait dormi sur son canapé, ce soir-là.
 
Ce comble de l'horreur fut dépassé : alors qu'il venait de mordre dans une pomme, un goût de cuivre emplit sa bouche. Les yeux exorbités, il amena en tremblant ce qu'il tenait dont la texture avait changé brusquement dans son champ de vision, et le lâcha aussitôt qu'il l'aperçut. Un c½ur humain encore chaud et battant, dont un morceau avait été croqué, tomba au sol, rapidement suivi par Kyoya dont les genoux ne tenaient plus. Il ferma les yeux, et plaqua sa main sanglante contre sa bouche pour se retenir de vomir, agité de spasmes tandis que des larmes coulaient sur ses joues.
Ludvina souriait triomphalement.
 
À partir de ce moment, il ne put plus rien avaler. La nourriture ressemblait à des organes internes humains, les boissons étaient rouges, épaisses et poisseuses. Mayu tentait de le faire manger, en vain. Il fut bientôt obligé de garder le lit. Elle appela un médecin de sa connaissance à l'aide, qui consentit à amener de la nourriture liquide pour la lui faire prendre en intraveineuse. Lorsque Kyoya ouvrit les yeux, leva la tête et aperçut la pochette transparente remplie de ce qui lui paraissait encore plus de sang, ce fut à son tour de sourire, quoique faiblement. Les transmissions sanguines étaient choses courantes, et ne lui faisaient pas peur du tout. Ludvina, furieuse de cette défaite, changea de stratégie. Il était obligé de garder le lit à cause de son état, tant mieux. Elle ferait tout pour qu'il ne puisse plus supporter cela... Elle commença par refaire le papier peint de la chambre avec des motifs dignes de l'Enfer : damnés aux visages répugnants et tordus par la douleur, démons en train de les torturer dont les têtes et les corps obèses et dégoulinants de pus auraient révulsé le plus insensible des hommes, et, au milieu, Kyoya lui-même, en train de la tuer, encore et encore. Car, pour ne rien arranger, toutes ces images bougeaient. Pire : elles hurlaient. Des cris inhumains déchiraient les oreilles de Kyoya à chaque instant, le torturant à la fois par leur volume et par le fait qu'il ne pouvait s'empêcher de garder un semblant d'empathie. Le plus terrible et répugnant des films d'horreur se jouait sur ses murs sans aucun arrêt. Ensuite, pour lui arracher tout espoir de douceur, Ludvina transforma Mayu en un gigantesque gros intestin, qui, au lieu de parler, émettait des  borborygmes immondes. Lorsque Kyoya tentait de fermer les yeux, la scène se contentait de reprendre, prenant cette fois comme écran ses paupières closes. La seule qui avait conservé à peu près figure humaine, c'était Ludvina, mais l'entaille dans son ventre était maintenant toujours présente, et s'était transformée en fontaine intarissable de sang et d'organes. Kyoya aurait juré qu'il avait vu son foie en sortir au moins cent cinquante quatre fois, et c'était le seul dont il avait essayé de compter les apparitions. Au sol, des dizaines de couteaux étaient dressés, l'empêchant de s'en aller même s'il avait eu la permission de le faire. Ses meubles avaient pris une couleur de chair, et étaient lacérés soigneusement, afin que les mots "Coupable", "Tu m'as tuée", "Assassin" et "Meurtrier" soient parfaitement lisibles. Kyoya ne pouvait plus dormir : au mieux, il s'évanouissait. Et c'était seulement pour faire des cauchemars tous plus atroces les uns que les autres, qui reprenaient à peu près les mêmes thèmes que la nouvelle décoration de sa chambre.
 
Un jour, alors qu'il se réveillait, il sentit quelque chose de chaud entourer son membre. Il ouvrit les yeux en sursaut, seulement pour apercevoir Ludvina assise jambes écartées sur les siennes, penchée vers lui, qui maintenait légèrement en l'air son chemisier. Elle avait ouvert sa braguette, baissé un peu son pantalon et son caleçon, et avait glissé sa verge dans l'entaille de son ventre qu'il lui avait faite lui-même. Il resta un instant figé, pétrifié par ce qui se passait. Elle gémissait de plaisir, et l'obscène se mélangeait au répugnant, le rendant encore plus horrible. Soudain, comme sous l'impulsion d'une décharge électrique, il hurla, l'envoya valser à l'autre bout de la pièce, se décrocha de l'intraveineuse, et courut jusqu'à la salle de bain sans même se préoccuper des couteaux qui lui lacéraient la plante des pieds. Là, il vomit une fois de plus, avant de tenter de laver son membre du sang de Ludvina. Mais l'eau en était aussi, et il abandonna aussitôt sa tentative. Il remit son bas en place, mit des chaussures, et courut jusqu'au poste de police le plus proche.
 
<<-J'ai tué Ludvina Larisla ! Il hurla en y entrant.>>
 
Aussitôt, sa vision redevint à peu près normale, quoique toujours un peu rouge. La jeune femme était toujours là, à ses côtés, en revanche. Toutes les personnes présentes écarquillèrent les yeux, froncèrent les sourcils ou s'enfuirent tout bonnement, tandis que deux policiers s'approchaient de lui.
 
<<-Êtes-vous sérieux, monsieur ?
-Oui ! Je peux le prouver ! Je sais où se trouve son cadavre !>>
 
Il donna son identité, son adresse, et l'emplacement exact où il avait enterré Ludvina, tandis que l'on l'escortait jusqu'à une petite pièce sans décoration ni fioritures, entièrement grise, avec seulement une table et deux chaises en métal, et une lampe de bureau. Ils patientèrent une demi-heure environ, jusqu'à ce que le téléphone d'un des policiers sonne. Il hocha la tête à plusieurs reprises, parla un peu, puis raccrocha.
 
<<-Vous ne nous avez pas menti sur ce point-là. Maintenant... Pourquoi avoir fait ça ?
-Elle m'a dit qu'elle m'aimait, mais ce n'était pas réciproque, et... J'ai eu la sensation qu'elle allait me tuer pour cela. Je ne voulais pas lui faire de mal... Mais je l'ai fait. Comme par réflexe...>>
 
Il renifla. Il n'avait plus rien du jeune homme fier, solitaire et courageux qu'il était, ou du moins qu'il prétendait être avec succès, à peine un mois auparavant.
 
<<-Je vois. Vous plaidez donc la légitime défense ?>>
 
Il hésita.
 
<<-Pas... Pas vraiment. Plutôt... La folie.
-Ah. Vous avez d'autres arguments, pour le prouver ?
-Je la vois... Depuis que je l'ai tuée, je la vois, partout, tout le temps... Elle me parle... Et j'ai des hallucinations, constamment...
-Vous ne prenez pas de drogue ?
-Non, rien...
-D'accord. Il y aura donc bientôt un procès.
-Je... Je vous en prie, je vous en supplie... Mettez-moi dans un asile, faites de moi ce que vous voudrez, utilisez des médicaments, des électrochocs, n'importe quoi... Mais faites la disparaître ! Je n'en peux plus... Je n'en peux plus !>>
 
Il se mit à violemment se cogner la tête contre un mur, de plus en plus fort. Deux policiers ne furent pas de trop pour l'arrêter.
 
<<-Cela, monsieur Tategami, ce sera à la justice d'en décider. Une dernière question : avez-vous eu des complices ?
-Non.>>
 
Ludvina fronça les sourcils, et le regarda avec un air à la fois désapprobateur et narquois.
 
Il y eut un procès. Kyoya, à sa propre demande, fut effectivement emmené dans un hôpital psychiatrique, au grand désespoir de Mayu qui perdait, en un mois, sa s½ur adoptive, sa meilleure amie et l'amour de sa vie. Les médecins étaient sans doutes très compétents, et des gens fort sympathiques normalement, mais il était un criminel. L'hôpital dans lequel il alla n'était pas un hôpital psychiatrique normal, c'en était un pour les violeurs et les meurtriers. Il fut donc aussitôt enfermé dans une cellule d'isolement. On lui fit voir un psychiatre, qui le força à prendre des médicaments remplis de drogues diverses. Puis, il fut remis dans sa cellule. Sans accorder un regard au lit en face de lui, il s'écroula plus qu'il ne s'allongea par terre, et se mit à fixer la porte fermée qu'il ne voyait pas. Tout était flou. Soudain, une forme apparut devant lui, devenant de plus en plus précise, encore, encore, moins floue, jusqu'à ce que les traits de Ludvina ne rayonnent devant lui dans toute la splendeur macabre que le sourire moqueur qu'elle arborait lui conférait.
 
<<-Tu croyais réellement pouvoir te débarrasser de moi si facilement, Kyoya ?>>
 
Il poussa un cri perçant.
 
Elle ne disparut pas.

Tags : Revenante - OS spécial pour le concours de Camélia/Cameby

Rêves 22/12/2017

Premièrement : "If our love is tragedy, why are you my remedy ?
If our love's insanity, why are you my clarity ?"
C'est beau putain !!! *je veux qu'on me dise ça à moi un jour... TT* ... Mais ça n'a rien à voir >.>
Deuxièmement : Cet OS reprend quelques détails de "Une amitié vieillissante" de Nicori, mais dans une espèce d'univers alternatif de cette fanfiction (cela en deviendrait presque une mise en abîme de la fanfic '^'). J'en suis sincèrement désolée. -si tu veux que je supprime ou que je modifie cet OS, dis-le-moi hein...-
Troisièmement : Enjoy mon OS dépressif de m*rde. Yay !
 
Kyoya savait mieux que quiconque qu'avoir tous ses rêves et tous ses espoirs détruits entièrement en une seule seconde, en une simple putain de seconde, faisait partie des événements les plus douloureux pouvant arriver. Il le savait mieux que quiconque, et ce, depuis sa plus tendre enfance. Enfin, tendre... Façon de parler, justement. Si elle avait été tendre, il n'aurait certainement pas connu cette terrible vérité de la vie.
Seulement, le jour de son soixantième anniversaire, une autre terrible vérité de la vie se révéla à lui, d'un seul coup. Pourtant, elle avait toujours été présente, à ses côtés, sans qu'il s'en rende compte. Mais il ne l'avait réalisée que ce jour-là, comme si... Comme s'il avait passé sa vie entière dans le noir, et que, sans raison aucune, quelqu'un venait d'allumer la lumière. Et cela fit tout aussi mal que d'être exposé à un fort éclairage après avoir été dans les ténèbres pendant si longtemps.
Il comprit qu'il y avait quelque chose d'encore plus atroce que d'avoir tous ses espoirs balayés en une fois. Le pire... C'était de se voir renoncer à ses rêves, un par un, fragment par fragment.
Il avait désiré plus que tout au monde pouvoir être heureux en venant en aide aux gens, et en connaissant cette joie dont tous les autres chantaient les louanges qu'était l'amour réciproque –oui, lui, le lion solitaire, il était tombé amoureux, et pas de n'importe qui, et il aurait tout donné pour que cette passion ait une issue favorable. Il avait été jeune et impétueux. Il avait cru être capable de changer la face du monde et de le rendre meilleur en rentrant dans l'armée. Non pas pour tuer, piller et détruire, mais pour protéger, défendre et sauver. Non pas pour son profit, mais pour celui des autres.
Il avait commencé sa carrière plein d'espoir et de bonne volonté. Il voulait obtenir des grades, pour que son influence aie un réel impact. Il voulait faire le bien.
Pour cela, il avait renoncé à se concentrer sur sa vie amoureuse, pensant qu'il avait tout son temps, et que l'autre objectif qu'il s'était donné étant tout de même plus important.
Mais l'armée est un milieu difficile, même pour quelqu'un comme lui. Et malgré toute sa bonne volonté, il n'avait jamais dépassé le grade de capitaine.
Et cela ne l'avait pas réellement dérangé. Il ne s'était pas mis en colère, n'avait pas insulté le ciel ou ses supérieurs, n'avait pas trouvé cela injuste que des gamins pistonnés deviennent plus haut gradés que lui en trois fois moins de temps. Il ne s'était même pas posé de questions à lui-même. Il avait trouvé cela normal.
Et maintenant... Maintenant, il était seul, et oublié. Il n'avait jamais fondé de famille, n'était jamais devenu connu et reconnu, n'avait pas changé le monde. Et le plus terrible... C'était que cela ne le dérangeait même pas. Il ne le regrettait nullement, il ne parvenait pas à le regretter.
Pourtant, lorsqu'il se regarda dans son miroir, au lieu de son visage ridé et ravagé par les années, il vit celui encore juvénile du jeune homme fougueux qu'il avait été plusieurs décennies auparavant. Et lui, il était en colère. Il lui faisait des reproches, lui hurlait dessus. "Alors, quoi ?! Tu as laissé mon rêve mourir, et cela ne te fait ni chaud ni froid ?! Tu m'as laissé mourir, et tu t'en fous ?! Regarde-toi... Tu n'es pas célèbre, tu n'es pas marié, tu n'es pas heureux, tu n'es rien. Tu n'es pas moi. Tu n'es plus moi. Tu as laissé mes idéaux mourir sans même te battre... Sans même t'en rendre compte. Tu as renoncé sans même le réaliser. Je te hais. Je te hais !".
Le jeune homme féroce disparut, et il retrouva son propre visage, teinté de larmes. Il ignorait qu'il savait encore pleurer. Il l'avait trahi, oui... Il s'était trahi lui-même. Et malgré cela, il n'avait pas vu le coup venir.
Le plus atroce, ce n'était pas de voir ses rêves détruits en un seul coup, c'était de ne pas les voir être détruits peu à peu.
Le résultat n'était pas le même : la première situation brisait psychologiquement, mais permettait de se relever après être tombé si l'on en trouvait la force, et de se remettre à courir après le bonheur.
Mais la deuxième situation ne faisait rien de cela. Elle passait en douceur, elle s'insinuait partout sans que l'on ne la remarque. Et elle ne rendait pas malheureux, non... Mais elle empêchait, inéluctablement, d'être heureux.
Et c'était pire que tout.
 
(Pendant un bref instant, j'ai voulu poster cet OS le prochain 29 février. Et puis j'ai eu pitié de vous. Aussi, en retour, ayez pitié de mon écriture moisie, je n'ai pas assez dormi cette nuit, je suis malade, et j'ai toujours "l'angoisse de la page blanche"... P*tain, j'ai l'impression d'écrire comme un enfant de cinq ans TT c'est complètement nul... Mais j'arrive pas à l'améliorer... Les transitions sont pourries, les tournures de phrases sont m*rdiques, et le tout est mal dit, mal raconté... M*rde, m*rde, m*rde, m*rde, m*rde !)

Tags : Rêves - .............

La fête 25/12/2017

Je suis obligée de faire un spécial Noël ?
Tous : Oui.
Mais j'ai la flemme...
Tous : Tu n'avais qu'à pas en poster deux la première année. Tu aurais dû garder l'un des deux en réserve... Maintenant, tu assumes les conséquences.
Mais euh... *réfléchis* Et puis, avec mon writer's block, ça ne risque pas d'être de la m*rde ?
La Voix : Ne t'inquiète pas, Yuki. Tous tes écrits sont de la m*rde.
Et c'est censé me rassurer ?
La Voix : Honnêtement, non.
... Sympa. Bel esprit de Noël.
La Voix : Oh, excuse-moi, tu veux que je te paie un jouet pour te consoler ??? Pourquoi pas une de ces peluches avec l'apparence de la nouvelle créature qui vient d'apparaître dans Star Wars 8 -je crois que ça s'appelle un porg...-, pendant qu'on y est ???
... Oui. Je veux bien. Je pourrais la revendre sur ebay.
La Voix : C'était du sarcasme.
J'avais compris. Mais autant tenter sa chance... Un peu d'argent en plus ne me ferait pas de mal.
Tous : BREF, ÉCRIS TON OS, QU'ON EN FINISSE !!!
Mais je crois ni en Dieu, ni en Noël ! Je suis obligé d'en faire un sur le thème de Noël ?
Tous : ... Non. Mais il faut au moins que ça se passe à Noël.
... *sourit* Parfait. J'ai exactement ce qu'il faut, tout aussi m*rdique mais au moins ni rouge ni blanc... Enjoy my insanity ! (Je vous promets que j'ai tué personne)
 
 
 
Comme à chaque Noël, Hatsu était en route pour aller distribuer aux défavorisés et aux mendiants l'argent qu'elle avait gagné la veille durant la récolte effectuée dans les quartiers les plus riches, spécialement dans ce but. Sa "récolte" se faisait très simplement : elle sonnait à la porte de chacun, et demandait quelques euros pour les plus pauvres. Elle repartait à chaque fois avec un sac rempli. Son secret pour accomplir un tel exploit ne reposait pas dans une forme de discours plus émouvant que les autres, non : chercher à apitoyer les gens n'était que son plan A, et il ne fonctionnait quasiment jamais. Ce qui marchait, en revanche, c'était le plan de secours. Lorsque l'on lui claquait la porte au nez, elle ne se démontait pas, et sonnait à nouveau à la même porte. Et ce, jusqu'à ce que, à bout de nerfs, le propriétaire de la maison ne consente à lui donner cinq euros. Elle avait découvert que c'était le prix qu'ils étaient à payer leur tranquillité, au lieu de s'épuiser à se faire violence ou à appeler la police. En somme, sa récolte fonctionnait parfaitement, aussi cynique fut-elle. Et elle avait à chaque Noël de quoi offrir un petit quelque chose, un repas ou un vêtement chaud, à tous les défavorisés de Keiri. Cette année, en revanche, tout était différent : elle avait convaincu Mayu, sa meilleure amie, de l'aider à faire sa tournée. Elle se rendait donc en premier lieu dans l'appartement de cette dernière. Arrivée devant sa porte, elle sonna, et ce fut le visage surpris de Gingka qui l'accueillit.
<<-Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il.
-Je viens voir Mayu. Et toi ?
-Kyoya. Fit-il en haussant les épaules, comme si c'était une réponse suffisante. Qu'est-ce que tu comptes faire avec elle ?
-L'emmener faire la tournée des pauvres !
-Qu'est-ce que c'est ?
-Je donne de l'argent à tout ceux qui n'en ont pas. Et qui vivent à Keiri... Je n'ai pas les moyens d'aller plus loin.>>
Gingka réfléchit.
<<-Je peux venir ?
-Tu es intéressé par le sort des défavorisés ? Interrogea Hatsu, les yeux brillants, espérant pouvoir rassembler plus de fonds grâce à Gingka, qui était, après tout, le fils du Directeur de l'AMBB, un poste sans nul doute bien rémunéré étant donné tout ce qu'il payait à son enfant unique et à ses amis...
-Pas vraiment. Mais j'aime bien sortir quand c'est Noël. Les boutiques sont joliment décorées.>>
Hatsu aurait juré avoir entendu ses espoirs faire un bruit de verre cassé en se brisant. Elle tenta vainement de ne pas laisser son dépit trop transparaître sur son visage. Heureusement, Gingka n'était pas très observateur... Soudain, Madoka fit son apparition.
<<-Tiens, Hatsu...>>
Elle sembla faire un réel effort pour rester polie avec la fille la moins populaire du lycée, mais celle-ci avait l'impression qu'elle avait autant l'envie de prendre ses jambes à son cou que si elle avait été en face d'une pestiférée.
<<-Quelle... Joie. De te voir. Que viens-tu faire ici ?
-Je suis là pour Mayu. Elle m'a promis que l'on irait faire la tournée des pauvres.
-C'est quoi, ça ? Je connais la tournée des bonbons pour Halloween, mais là...
-Non, non ! Ce n'est pas cela du tout !>>
Hatsu expliqua à nouveau ce qu'elle faisait.
<<-Oh. Fit simplement Madoka en fronçant les sourcils.>>
La jeune fille aux cheveux bleus pouvait déceler son conflit intérieur : comment une personne avec une si mauvaise réputation pouvait se soucier du sort des plus défavorisés ? Même elle ne serait jamais sortie dans le froid, le jour de Noël, pour faire une si bonne action... Il devait y avoir une entourloupe quelque part.
<<-Je peux y aller, Madoka ? Demanda Gingka. En plus, on pourrait faire un tour pour prendre des hamburgers !
-Pas question ! Fit-elle en le tirant par l'oreille à l'intérieur de l'appartement.
-Mais pourquoiii ? Gémit-il d'un ton enfantin.>>
Hatsu attendit d'entendre ce que Madoka allait bien pouvoir trouver comme excuse. Elle savait ce que la mécanicienne pensait d'elle, et n'ignorait pas qu'il aurait été inutile de tenter de la convaincre qu'elle n'était pas ainsi. Au point où elle en était, elle voulait simplement savoir si elle allait être hypocrite jusqu'au bout.
<<-Il fait froid, tu vas attraper un rhume !
-Mais j'en ai déjà un...
-Eh bien il va empirer !>>
Typique. Ils avaient pourtant bien dû subir la morsure du froid pour se rendre chez Kyoya, et cela ne les avait pas arrêtés... Hatsu sourit amèrement, et entra. Elle ferma la porte derrière elle, et se dirigea vers la chambre de Mayu. Tsubasa était présent avec sa petite amie Mila. Il lui adressa un hochement de tête gêné, qu'elle lui rendit. Leurs relations étaient... Tendues depuis qu'il savait qu'elle avait été amoureuse de lui. Elle ne l'était plus réellement pourtant, elle avait même un petit ami, et fidèle, en plus de cela ! Elle aperçut Kyoya dans la cuisine, mais il ne la vit pas. Il était trop occupé à être ennuyé par un Yu surexcité comme à son habitude, qui semblait tout faire pour le pousser à bout. Seule, Hikaru regardait par la fenêtre. Hatsu put néanmoins remarquer qu'elle l'observait, grâce à son reflet dans la vitre. Elle hésita entre regarder ailleurs et sourire de manière gênée. Elle choisit de tourner la tête. Aussitôt, elle eut mal pour Damure : être étranglé par Benkei ne devait pas être une sensation plaisante. Et ce, même si... Quel était le nom de la petite amie du taureau, déjà ? Ah oui, bien sûr, Rosa Atsuka, tentait de le dissuader d'être si brutal, même accidentellement et par réflexe, tandis que Nile haussait les épaules, se contentait de les observer en faisant une ou deux remarques qu'Hatsu n'entendit pas. Elle continua son chemin. Dans un recoin, un Ryuga qui semblait extrêmement peu content de se trouver là discutait avec Kenta et Camélia. Les deux garçons ne la virent pas, ou peut-être l'ignorèrent, mais cette dernière lui fit un sourire chaleureux. Elle rougit, et le lui rendit. Elle n'avait pas l'habitude qu'on soit si amicale envers elle... Oui, que l'on lui adresse un sourire sincère sans s'appeler Mayu Hanabira ou Reiji Mizuchi était chose rare dans la vie d'Hatsu, et elle en était toujours ahurie, embarrassée, et, surtout, si reconnaissante qu'elle en aurait eu les larmes aux yeux s'il ne lui était pas resté un reste de fierté. Finalement, elle passa devant Ludvina et Célia, qui riaient ensemble. Le rire de Ludvina était amer, celui de Célia assez perçant pour attirer toute l'attention sur elle. Enfin, toute l'attention... Personne ne la regardait réellement. Ils s'étaient habitués à l'entendre rire de la sorte, et parvenaient maintenant à en faire abstraction. Hatsu toqua à la porte de la chambre de Mayu.
<<-Tu peux entrer.>>
Elle s'exécute, et referma une fois de plus derrière elle. Sa meilleure amie était en train de mettre ses chaussures.
<<-Ton appartement est surpeuplé, dis donc.
-Ne m'en parles pas. Ils viennent tous pour fêter Noël. Ou plutôt, ils se sont incrustés pour fêter Noël : Kyoya et moi ne voulions même pas célébrer. Mais bon, lorsque Gingka a une idée en tête...>>
Hatsu sourit poliment, de manière assez forcée. Elle ne connaissait pas vraiment les amis du couple, et ne se permettait pas de les juger, même lorsque Mayu ne s'en privait pas. Secrètement, elle était jalouse que son amie ait d'autres relations qu'elles, mais elle se contenta d'enfermer ce sentiment dans une boîte à l'intérieur d'elle-même, et de la sceller du mieux qu'elle pouvait.
<<-Tu es prête ? Demanda-t-elle.
-Attends, une minute, il faut que je trouve mes gants... Ah, les voilà. Ça y est, c'est bon.>>
Elle enfila lesdits accessoires, et les jeunes femmes sortirent. Hatsu ne dit rien. Mayu en parut un instant blessée, mais se reprit aussitôt. Deux heures passèrent en coup de vent, accompagnées d'une bise glacée et de nombreux sourires, souvent tristes mais, occasionnellement, complètement heureux.
 
Lorsque Mayu ouvrit la porte de son appartement, quelle ne fut pas sa surprise en voyant qu'il avait été complètement redécoré... Pour elle.
<<-Joyeux anniversaire, Mayu !!! Tous les invités s'exclamèrent en ch½ur.>>
La jeune femme les regarda un par un, les yeux écarquillés, émue.
<<-Vous vous en êtes souvenu ?>>
Un hochement de tête général eut lieu.
<<-Mais... C'est trop... Je ne peux tout de même pas vous priver de Noël pour ma propre petite personne...
-Cela a été une décision collective. Annonça Kyoya d'un ton presque pas acerbe. Et puis, je suis non croyant, Tsubasa agnostique, Mila athée, Hikaru juive, Damure, Nile et Camélia musulmans, et Hatsu shintoïste... Ton anniversaire, au moins, cela réunit tout le monde.>>
Mayu retenait des larmes de joie, et son visage d'habitude stoïque et froid reflétait un sourire sincère.
<<-Merci !!!>>
 
Alors que la fête était finie, et que seuls Kyoya, Mayu, Ludvina, Célia et Hatsu étaient toujours dans l'appartement, en train de ranger, cette dernière sortit un paquet d'un de ses sacs, et le tendit à sa meilleure amie.
<<-J'ai fabriqué cela pour toi... Mais je... Je ne voulais pas que tu l'ouvres devant tout le monde... Ils n'auraient pas compris... Murmura-t-elle d'un ton presque hésitant, en souriant faiblement.>>
Mayu la regarda en fronçant les sourcils, une pointe d'interrogation dans les yeux.
<<-Uh... Merci ?
-De rien... Je, je vais y aller, maintenant... À demain !
-Salut...>>
Hatsu partit presque précipitamment, plus embarrassée qu'il ne le fallait, et Mayu ouvrit le présent sans plus de cérémonie. Ses deux s½urs adoptives y jetèrent un coup d'½il par-dessus son épaule, et fixèrent le cadeau avec des yeux ronds. Dans le carton d'emballage, se situait un saladier en métal, où trônaient fièrement un briquet, une minuscule canette d'essence, et un masque de papier mâché ayant la forme d'un visage humain, dédaigneux et fier. Ludvina et Célia posèrent à Mayu une question silencieuse, auquelle elle ne répondit pas. Les paupières closes, elle tremblait de tous ses membres, comme en overdose de reconnaissance.
<<-Merci... Merci, Hatsu !>>
 
Une heure plus tard, alors que même ses deux s½urs s'en étaient allées, Mayu se rendit dans sa chambre. Elle s'assit dans un coin, posa le saladier et son contenu par terre, aspergea le masque d'essence et y mit le feu grâce au briquet. Des larmes coulèrent sur ses joues, tandis qu'elle souriait sincèrement. À ce moment, Kyoya ouvrit la porte.
<<-Hé, Mayu... Commença-t-il.>>
Ses yeux se posèrent sur la flamme éclairant la pièce et en particulier le visage de sa petite amie, et il aperçut le masque en train de brûler. Il ne termina pas sa phrase. Il avait trouvé sa réponse. Il s'approcha de Mayu, se pencha vers elle, et l'embrassa doucement.
 
 
 
... C'était doubleplusbon.
Tous : Quoi ?
J'ai rien dit. Bref...
Tous : C'était bizarre.
Je vous l'avez bien dit. Au fait, vous avez vu ma référence *^* (totalement évidente) ???
Tous : T'es vraiment fière de ça ?
Euh... Je sais pas. Un peu.
Tous : ... *regardent Yuki avec pitié*
Bref... Je sais ce que vous vous dites. Mais c'est n'importe quoi, c'est censé être un spécial Noël et en fait ils fêtent pas Noël, et blablabla, ça n'a aucun sens, Yuki, explique-nous ! (Non ? Vous vous en foutez ? Eh bien ce n'est pas grave, j'explique quand même.) Voyez-vous, comme je l'ai dit, je ne crois pas en Dieu, et je trouve ça injuste que les religions aient des fêtes consacrées (entre Pâques, Hanoukka, Noël, la Saint-Glinglin...
Tous : Euh, mais Yuki, c'est pas une vraie fête en fait...
Ah bon ? Mais qu'est-ce que je célèbre depuis toutes ces années moi alors ?), et que les non-croyants et les athées n'aient que dalle. (Bon, tout le reste de ma famille est catho donc je suis obligée de fêter les fêtes chrétiennes quand même, mais... Ça craint un peu. Je veux dire, c'est bien joli, Pâques, les ½ufs en chocolat, Noël, le repas qui dure six heures avec sept cent plats, mais bon... Il y en a qui essaient de maigrir, quoi. Et je ne parlerais même pas de tout le reste qui cloche à propos de Noël -ou qui cloche à propos de Pâques... Les cloches de Pâques ? Non ? J'arrête les jeux de mots pourris ? Ok...-) Donc en gros, je pense que les fêtes, ça craint, mais que ça amène des vacances et des jours fériés. Et ça, c'est cool. Par conséquent, je pense qu'il faudrait faire des nouvelles fêtes (et jours fériés), mais pour TOUT LE MONDE. C'est ça l'égalité, b*tches !!!
Tous : *facepalm*
Et c'est pourquoi je commence ici et maintenant : boycottons Noël, fêtons l'anniversaire de Mayu à la place. En plus, c'est génial parce que, comme c'est un personnage fictif, pour lui offrir un cadeau, vous n'avez pas à débourser un centime, donc ça évacue le côté "consommatiooooooooooooon !!!".
Tous : Mais tout le monde s'en fout de Mayu...
Parce que tu crois que les gens qui fêtent Noël ils en ont quelque chose à faire de la naissance de Jésus ?
Tous : Ok, tu marques un point. Mais quand même...
C'est bon... Si je fais cela, c'est uniquement pour pas trop chambouler les esprits. C'est comme quand les chrétiens ont mis Noël à la place d'une fête païenne... Mais à l'envers. Vous comprenez ?
La Voix : On comprend surtout que t'es complètement bourrée.
Je n'ai pas touché une goutte d'alcool depuis 2013. Ou alors peut-être à la limite du cidre doux... Bref. Si cela vous déplaît tant que ça... On peut toujours prendre une autre fête, plus populaire. Genre... L'anniversaire d'Hatsu. Le 37 avril.
Tous : Ça existe pas, le 37 avril. Ni le 37 d'aucun mois d'ailleurs...
Oui ben, le 31 avril... C'est pareil. Ou alors celui de Kyo...
Tous : Non merci. Une fête tous les quatre ans, ça craint.
Le mien, alors. Comme ça j'aurais touuuuuut mon temps pour déprimer.
Tous : *long soupir*
Celui d'Aurélie ?
Tous : C'est en août. C'est DÉJÀ les vacances.
Au pire on rend toute l'année fériée. Ça simplifiera les choses.
Tous : *facepalm*
Vous êtes jamais content, vous... Bref, bon Noël anniversaire de Mayu à tous ^^ !
Tous : Ça n'a aucun sens...
Mayu : *pleure dans un coin*
[La Voix : T'es vraiment une hypocrite, Yuki...
Pourquoi ?
La Voix : Parce que t'as reçu des cadeaux de Noël. Ton uniforme de Slytherin et ta baguette, tu vas quand même pas me dire que c'était pour récompenser tes notes...
Nan. Mais j'avais SPÉCIFIQUEMENT demandé à ma mère de ne pas acheter cela parce que c'est jeter son argent par les fenêtres, et elle l'a fait... C'est quand même pas de ma faute --".
La Voix : ... Mouais.
Et puis de toute façon, pour Mardi Gras, je DOIS avoir un déguisement -sinon je vais me faire traiter de poule mouillée, de coincée etc...-, alors... Je l'aurais de toute façon reçu. Seulement, on m'a donné cela à Noël parce que "sinon ça fait triste"... --"""
La Voix : C'est des excuses tout ça...
Il y a un truc que tu ne comprends pas. Je réprime tellement mes envies que je ne demande jamais rien et que je refuse tous les cadeaux que l'on veut me faire. Alors, ma mère me supplie limite pour que j'achète des trucs... Vraiment. Sérieusement. Du coup, si je demande un truc -à moins que ça ne soit un truc du genre un chat ou une dispense d'études (xD)-, je l'obtiens. Et plutôt deux fois qu'une... Parce que c'est un événement complètement exceptionnel ^^""" -et que j'ai une maman gâteau sous certains aspects...-.
La Voix : Bof. Je suis pas convaincue.
En effet. Tu es une CONNE vaincue.
La Voix : *facepalm mental*]

Tags : OS spécial Noël (... ou pas !) numéro 4 - La fête

... 15/01/2018

Hatsu arriva en pleurs. Reiji fronça les sourcils, instantanément inquiet.
<<-Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que tu as ?>>
Elle sursauta, ne s'étant pas rendue compte de sa présence avant qu'il ne parle. Mais au lieu de se cacher, de partir dans sa chambre en prétendant que tout allait bien, elle se jeta dans ses bras.
<<-Rien... Rien, juste... Laisse-moi rester comme cela... Juste un moment...>>
D'abord surpris, il ne tarda pas à la serrer contre lui, dans une étreinte douce mais assurée. Il n'était pas habitué à réconforter les autres. C'était la première fois que cela lui arrivait... Au bout de quelques instants, il se mit à faire des motions circulaires avec son pouce dans le dos d'Hatsu, pour tenter de l'apaiser. Elle clôt les paupières, et il l'écouta pleurer, de moins en moins fortement, ses sanglots étant de plus en plus espacés dans le temps et de moins en moins violents. Finalement, elle se tut, et rouvrit les yeux.
<<-Merci... J'avais... Vraiment besoin de ça...>>
Il hésita quelques secondes, ne sachant pas réellement quoi dire, mais finit par réussir à maîtriser un ton confiant pour répondre.
<<-C'est normal.
-Je suis désolée... De t'avoir dérangé...>>
Cette fois, il n'y eut presque pas de silence.
<<-Ne t'inquiète pas. Tu ne m'as pas dérangé. Si cela peut te faire du bien de faire cela, même si tu n'en parles pas... Alors, je suis heureux de pouvoir t'aider à te sentir mieux.>>
Elle le serra plus fort, bouleversée à la fois par la joie et par sa douleur qui n'avait pas tout à fait disparu. Il ferma les yeux, parcourut son dos d'une caresse, et l'embrassa. Il sentit ses larmes couler à nouveau contre sa propre joue. Il ne la lâcha pas.

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OS spécial pour l'anniversaire de Camy-chan <3 <3 <3 17/01/2018

Premièrement, je suis sincèrement désolée à Clara pour :
1- Le fait que cet OS soit pourri (je ne sais pas écrire T-T) et court (je ne sais pas écrire des textes longs, je crois que tous ceux qui me connaissent le savent...)
2- Le fait qu'il soit en retard (manque de chance, ton anniversaire tombait pile pendant ma semaine d'examens... Et ensuite, j'avais encore un test lundi. Et là, j'ai un oral demain. D'ailleurs, je devrais être en train de réviser actuellement, c'est dire T3T... Donc bon, ce n'était vraiment pas une bonne période pour moi ^^" surtout si on rajoute à cela ma dépression chronique, ma crise existentielle et mes problèmes familiaux... Bref, j'étais légèrement occupée ^^""""""")
3- Ne même pas lui avoir souhaité son anniversaire à temps. Je l'avoue... Ça, c'est parce que j'ai oublié. Premièrement parce que j'ai une très très mauvaise mémoire (sérieusement, une fois j'ai même pas tout de suite souhaité son anniversaire à mon meilleur ami, pas parce que je ne me souvenais pas que c'était ce jour-là... Mais parce que j'avais oublié quel jour on était !), et deuxièmement parce que j'étais toute la journée en examen. Donc, avec pas de wi-fi. Et quand je suis rentrée le soir, j'étais tellement crevée que je l'avoue, ça m'est complètement sorti de la tête. Pourtant, j'y avais pensé toute la journée, j'ai même des témoins ! Il y avait une fille en examen avec moi dont c'était l'anniversaire, et qui du coup évidemment le répétait à qui mieux mieux, et auquel j'ai dit "Ah tiens, tu as la même date d'anniversaire qu'une de mes amies !". Donc voilà... Je suis vraiment, vraiment, vraiment, vraiment désolée. Pardonne-moi...
(Aussi, je ne savais pas s'il fallait que je t'appelle, dans l'OS, Clara, Setsu, Camy ou Furby... J'ai opté pour Setsu, parce que ça me donne moins l'impression que j'écris sur une vraie personne -ce qui me gêne >///<... sérieusement, il n'y a pas de lemon *parce que je serais morte de honte si je devais écrire cela sur de vraies personnes xD ^^""*, mais j'étais quand même super gênée vers la fin... alors que vraiment, c'était pas grand chose... mais je sais pas, ça me met mal à l'aise.-, que Camy-chan est le surnom que JE t'ai donné et que donc c'était pas très compréhensible, et que Furby... Ben... Je sais pas, ça ferait bizarre quelqu'un qui s'appellerait réellement Furby... Enfin, je trouve... Je veux dire, ça va comme surnom, mais comme prénom je vois vraiment mal quelqu'un s'appeler comme ça xD ^^")
4- Si je me suis plantée sur les caractères des personnages. Parce que c'est aussi quelque chose que je fais malheureusement un peu trop souvent --"""
 
 
 
Depuis quelques temps, Setsu se sentait observée. Où qu'elle aille, quoi qu'elle fasse, elle avait l'impression qu'on la suivait, et elle avait la sensation gênante qu'un regard inquisiteur était sans arrêt posé sur elle. Le seul endroit où elle était tranquille était dans sa salle de bain, mais elle ne pouvait tout de même pas s'y enfermer toute la journée à cause d'une impression... Même si celle-ci persistait, et l'inquiétait de plus en plus. C'était pour le moins déstabilisant. Au bout d'une bonne semaine, elle prit carrément la décision de s'armer d'une bombe lacrymogène : on n'était jamais trop prudente. Surtout qu'habituellement, elle n'était pas du genre paranoïaque, alors, si elle sentait cela, c'était bien qu'il y avait réellement quelque chose qui clochait... Pas vrai ? Dans tous les cas, se protéger ne pouvait pas faire de mal. Pourtant, au bout d'encore deux jours, cette mince défense ne suffit plus. Elle commençait à en avoir assez de se croire épiée, et décida, une bonne fois pour toutes, de pincer le coupable, ou au moins de se prouver à elle-même qu'il n'y avait rien. Elle devint donc encore plus aux aguets. Lorsqu'elle marchait dans la rue, elle se retournait toutes les minutes, et peu lui importait si cela lui donnait des allures de paranoïaque. Elle usa même d'un miroir de poche pour regarder derrière elle sans perdre de précieuses fractions de secondes à tourner la tête. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était que son mystérieux observateur puisse être en l'air, sur les toits, et se rire de ses tentatives qui n'auraient jamais pu l'atteindre. Néanmoins, même s'il trouvait cela assez drôle, il ne pouvait s'empêcher de ressentir également une pointe de culpabilité. Il ne voulait pas inquiéter Setsu, mais il n'avait pas prévu qu'elle soit capable de sentir sa présence, son aura ou quelque chose dans ce genre, ainsi. Enfin, après pas moins de dix jours de ce rythme-là, tout fut prêt. Il descendit des toits, mais continua à la suivre, de près. Setsu remarqua immédiatement qu'il était plus proche. Elle pouvait presque le sentir s'approcher... Plus près... Encore plus près... Maintenant ! Elle se retourna d'un bond.
<<-Cette fois, je te tiens !!! Elle s'exclama tout en pointant un doigt accusateur vers le jeune homme qui se tenait devant elle.
-Eh oui, j'imagine que ma discrétion a ses limites... Fit ce dernier en souriant, d'un ton presque embarrassé.>>
En découvrant l'identité de son observateur mystère, Setsu se figea, et ses joues rosirent.
<<-Hy-Hy-Hyoma ?! C'était toi ?!>>
Dans la douce lumière de la fin d'après-midi, ses cheveux gris brillaient de reflets argentés, et lui-même semblé entouré d'un halo lumineux. À cette pensée, la couleur de ses joues se renforça d'une nuance.
<<-Il faut bien le croire. Il dit tranquillement tout en penchant légèrement la tête du côté droit, son éternel sourire presque trop angélique figé sur son visage qui ne l'était pas moins.
-M-mais... Pourquoi ?
-C'est simple. Je voulais être sûr que le cadeau d'anniversaire que je te ferais te plairait...
-Comment as-tu su que c'était mon anniversaire ?>>
Il rit un instant.
<<-Un magicien ne dévoile jamais ses secrets... Quoi qu'il en soit.>>
Il sortit un paquet cadeau de sa veste. Setsu se demanda un instant comment est-ce que le présent avait pu y tenir sans être visible de l'extérieur, mais avec Hyoma, elle avait appris à s'attendre à à peu près tout. Même après cinq mois de couple, il demeurait toujours aussi énigmatique...
<<-Voilà pour toi.>>
Il le lui remit délicatement. Elle le contempla un instant, se demandant ce qui se trouvait à l'intérieur.
<<-Tu peux l'ouvrir.>>
Elle défit soigneusement l'emballage, pour découvrir une boîte collector contenant un album rassemblant des chansons de plusieurs Vocaloids, ainsi que deux figurines, une de Rin et une de Len. Elle sourit radieusement, ce qui ne fit qu'élargir le sourire de Hyoma.
<<-Merci... Murmura-t-elle une fois qu'elle fut remise de son fou rire.
-Et ce n'est pas tout ! S'exclama-t-il en sortant une rose blanche de Dieu sait où.>>
Elle fronça les sourcils, tout aussi intriguée par comment il avait fait pour transporter une rose sur lui sans la tenir à la main et en la gardant intacte, que par ce qu'il entendait par "pas tout". Sa deuxième question obtint une réponse lorsqu'il clôt les paupières, et se pencha vers elle. Comprenant la situation, elle ferma également les yeux... Mais au lieu de son petit ami, ses lèvres rencontrèrent les pétales de la rose. Elle sursauta, et rouvrit aussitôt les yeux. Hyoma la regardait, paraissant rire intérieurement. Elle devint rouge pivoine.
<<-Ce n'est pas drôle ! Elle s'exclama, légèrement énervée et surtout un peu déçue.
-Non, en effet, cela ne l'est pas. Il fit en hochant la tête, avant de s'emparer de ses lèvres par surprise.>>
Setsu sursauta à nouveau, mais se laissa faire, appréciant pleinement leur baiser et la langue de son petit ami qui bougeait à l'unisson avec la sienne et qui s'y entremêlait passionnément. Lorsqu'ils se séparèrent, elle était écarlate.
<<-Joyeux anniversaire...>>
Sans prévenir, il la prit dans ses bras.
<<-Je t'aime, ma Setsu.>>

Tags : Je déteste ma mémoire T-T... Et mon emploi du temps *fond en larmes* - Je suis désolééééée...........